Brice Arsène Mankou : quand la science africaine devient un trait d’union entre jeunesse, sport et Francophonie
Nommé expert et membre du conseil scientifique de la CONFEJES, le sociologue franco-congolais poursuit un parcours placé sous le signe de la recherche, de la jeunesse, de l’inclusion et de la coopération universitaire internationale.

Format éditorial : Actualité
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Il est des nominations qui dépassent le cadre d’une fonction. Celle du Pr Brice Arsène Mankou au sein du conseil scientifique de la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie (CONFEJES) appartient à cette catégorie.
Annoncée le 10 septembre 2026, cette nomination confie au sociologue franco-congolais une responsabilité qui se situe à la croisée de plusieurs enjeux majeurs : la jeunesse, le sport, l’éducation, la recherche scientifique et la coopération universitaire dans l’espace francophone.
Et derrière cette nouvelle fonction, c’est surtout une certaine conception de la science qui se dessine : une science qui ne reste pas enfermée dans les amphithéâtres, mais qui cherche à comprendre les sociétés, à rapprocher les institutions et à créer des passerelles entre les générations et les territoires.
Un scientifique au cœur des grands enjeux de la jeunesse africaine
Au sein du conseil scientifique de la CONFEJES, le Pr Mankou aura notamment pour mission de contribuer à l’organisation, avec ses collègues à Paris, d’un colloque consacré aux territoires du sport et de la jeunesse, prévu les 29 et 30 octobre prochains.
Le calendrier n’est pas anodin.
Cette rencontre interviendra à quelques jours des Jeux olympiques de Dakar, prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026, présentés par la source comme les premiers Jeux olympiques organisés sur le sol africain.
Le sport apparaît ainsi non plus uniquement comme une compétition ou un spectacle, mais comme un objet scientifique et social.
Territoires, jeunesse, inclusion, mobilité, éducation, identité : derrière la pratique sportive se trouvent des questions qui touchent directement au développement des sociétés africaines.
C’est précisément sur cette frontière entre recherche et société que le travail du professeur prend une dimension particulière.
À Dakar, une question essentielle : quelle place pour les femmes dans le sport africain ?
Autre rendez-vous majeur : les 7 et 8 octobre à Dakar.
À l’Université Cheikh-Anta-Diop, le Pr Brice Arsène Mankou doit participer à un colloque international consacré au thème : « Sport, éducation, jeunesse et loisirs : regards croisés sur les Jeux africains de la jeunesse, Dakar 2026 ».
Il y présentera une communication scientifique consacrée au sport féminin et à l’inclusion sociale, avec une réflexion sur le poids des traditions et des religions dans les pratiques sportives féminines en Afrique.
Cette question est loin d’être secondaire.
Elle touche à l’une des grandes problématiques contemporaines du développement : comment permettre aux jeunes femmes africaines de participer pleinement à la vie sociale, éducative et sportive tout en tenant compte des réalités culturelles et historiques des sociétés dans lesquelles elles évoluent ?
La recherche sociologique peut ici jouer un rôle déterminant : non pas opposer mécaniquement tradition et modernité, mais comprendre les mécanismes sociaux qui favorisent ou limitent l’inclusion.
C’est également ce qui donne à la recherche sur le sport une portée beaucoup plus large que le seul terrain sportif.
De l’Afrique au Canada : construire des ponts universitaires
L’une des dimensions les plus intéressantes du parcours actuel du Pr Mankou réside toutefois dans son travail autour de la coopération universitaire internationale.
Titulaire d’une chaire consacrée aux mobilités francophones à l’Université d’Ottawa, au Canada, le professeur entend renforcer les liens entre les universités canadiennes et congolaises.
Son ambition annoncée est particulièrement concrète : développer des codiplomations, des cotutelles de thèses et des mobilités entre enseignants-chercheurs canadiens et congolais.
Autrement dit, il ne s’agit plus seulement d’échanger des idées ou d’organiser ponctuellement des conférences.
L’objectif est de construire des architectures durables de coopération scientifique.
Et c’est peut-être là que se trouve l’un des enjeux les plus importants pour l’enseignement supérieur africain : permettre aux chercheurs, aux doctorants et aux étudiants de circuler davantage entre les institutions, de partager leurs méthodes, leurs données, leurs expériences et leurs réseaux scientifiques.
La coopération universitaire devient alors un véritable outil de production de connaissances.
Former les chercheurs de demain
Cette orientation n’est d’ailleurs pas nouvelle dans le parcours récent du professeur.
L’année précédente, avec le soutien financier de l’Agence universitaire de la Francophonie et de l’Institut de recherche pour le développement, il avait coanimé avec le Pr Bienvenu Boudimbou un atelier consacré à l’encadrement doctoral, destiné notamment à des enseignants-chercheurs des universités Marien-Ngouabi et Denis-Sassou-N’Guesso.
Cette dimension mérite d’être soulignée.
Car le développement scientifique d’un pays ne repose pas uniquement sur le nombre de publications ou de chercheurs reconnus internationalement.
Il repose aussi sur la capacité à former une nouvelle génération de chercheurs, à améliorer l’encadrement doctoral, à développer les collaborations internationales et à créer des environnements capables de faire émerger de nouvelles connaissances.
La recherche devient alors un investissement à long terme.
Un parcours qui relie plusieurs mondes
Ce qui rend le parcours du Pr Brice Arsène Mankou particulièrement intéressant est justement cette capacité à circuler entre plusieurs espaces.
Entre l’Afrique et l’Amérique du Nord.
Entre l’université et les institutions internationales.
Entre la sociologie et les politiques de jeunesse.
Entre le sport et les questions d’inclusion.
Entre la recherche et la formation des chercheurs.
Cette position d’interface constitue aujourd’hui une compétence stratégique dans le monde scientifique.
Les grands enjeux contemporains ne rentrent plus facilement dans une seule discipline.
La jeunesse est une question sociale, mais aussi économique et politique.
Le sport est une activité physique, mais également un facteur d’éducation, d’intégration, d’emploi et de développement territorial.
La mobilité universitaire est une question académique, mais aussi un instrument de diplomatie scientifique.
C’est précisément cette capacité à relier les dimensions qui donne toute sa valeur à l’expertise scientifique.
Une nomination qui dépasse la personne
La nomination du Pr Mankou peut donc être lue à deux niveaux.
Elle constitue d’abord une reconnaissance de son expertise et de son parcours scientifique.
Mais elle représente également quelque chose de plus large : la place croissante de la recherche africaine dans les réflexions internationales sur la jeunesse, le sport, l’éducation et la Francophonie.
À l’heure où l’Afrique cherche à renforcer ses capacités scientifiques et universitaires, les profils capables de travailler simultanément avec des institutions africaines, européennes et nord-américaines deviennent particulièrement précieux.
La véritable richesse d’un chercheur ne réside alors pas uniquement dans les titres qu’il accumule.
Elle réside dans sa capacité à faire circuler les connaissances.
À transformer une recherche en dialogue.
Un dialogue en partenariat.
Et un partenariat en nouvelles opportunités pour les générations futures.
Le scientifique comme bâtisseur de passerelles
C’est peut-être finalement ce que cette nomination raconte de plus beau.
La science n’est pas seulement une accumulation de connaissances.
Elle peut être une infrastructure invisible reliant les peuples.
Une université de Brazzaville peut dialoguer avec Ottawa.
Un chercheur congolais peut contribuer à une réflexion internationale sur le sport féminin.
Un colloque peut devenir le point de départ d’une cotutelle de thèse.
Une mobilité universitaire peut faire naître une collaboration scientifique durable.
Et une recherche consacrée à la jeunesse peut contribuer, demain, à éclairer une politique publique.
Dans cette perspective, le Pr Brice Arsène Mankou apparaît moins comme un simple nouveau membre d’un conseil scientifique que comme un acteur de cette diplomatie scientifique qui se construit progressivement entre l’Afrique et le reste du monde francophone.
Un rendez-vous avec l’avenir
Avec les échéances de Dakar 2026, les projets de coopération entre le Congo et le Canada et les initiatives autour de la formation doctorale, les prochains mois s’annoncent particulièrement importants.
Le défi sera désormais de transformer les responsabilités institutionnelles en résultats scientifiques, partenariats durables et opportunités concrètes pour les jeunes chercheurs et les étudiants africains.
Car au-delà des cérémonies et des nominations, la question essentielle demeure :
Comment faire de la connaissance un véritable moteur du développement des sociétés africaines ?
C’est précisément à cette question que des chercheurs comme Brice Arsène Mankou contribuent, chacun à leur manière, à apporter des réponses.
Et c’est peut-être là que réside la plus belle définition du scientifique : celui qui éclaire le présent pour aider une génération à construire l’avenir.
Source académique
CONFEJES
- Question de recherche
- Quelle contribution scientifique aux politiques francophones de jeunesse et de sport ?
L'interprétation proposée par Chrono-News ne constitue pas un résultat scientifique : elle en tire des implications pour les organisations.
Regard stratégique
Que révèle cette actualité sur l'évolution du marché ?
Le parcours de Brice Arsène Mankou illustre le rôle croissant de la diplomatie scientifique : faire circuler les connaissances, structurer des coopérations universitaires durables et rapprocher recherche, jeunesse, sport et politiques publiques dans l’espace francophone.